Liberté des médias
Les médias sont extrêmement importants en démocratie. Ils sont garants de l'information. Sans information juste et transparente, la population n'est pas capable de connaître les faits. Et donc pas capable de faire des choix éclairés, d'avoir des réactions justes et mesurées. Les médias sont l'ensemble des outils de l’information : La TV, Les journaux, les réseaux, le cinéma, la radio, les livres, les bandes dessinées, les journalistes, la recherche scientifique, les influenceurs, les présentateurs, les chroniqueurs, etc...
Ils peuvent produire de l'information, ou du divertissement. Ensemble, tout ces outils forment la norme. Ce qui est normal, ce qui est souhaitable. Les grandes tragédies autoritaires du siècle dernier, et de ce siècle aussi, se sont toujours appuyés sur un contrôle des médias très important. Pour changer la norme, rendre acceptable ce qui ne l'était pas avant, et cacher certaines réalité, confisquer la parole des contestataires. C'était le cas :
- sous l’Allemagne nazie : "Pour paraître, un journal doit recevoir l’autorisation préalable de l’État, sans cela pas de publication autorisée." [1][2]
- En union soviétique "en plus des méthodes directes (interdiction de publication, censure, rejet des manuscrits), une grande variété de méthodes indirectes touchant au personnel, à l'édition, à la politique de redevances étaient utilisées" [3]
Et c'est le cas aujourd'hui :
- En "République populaire de Chine" : Il y a énormément d'exemple, mais les 7 périls sont tout à fait parlants [4]
- Aux États-unis d'Amérique "De même qu'il [Donald Trump] cherche à contrôler le discours dans la presse écrite, à la radio ou à la télévision en exerçant des pressions gouvernementales ou en intentant des poursuites contre les médias, il tente de le contrôler en restreignant l'accès de la presse aux lieux où se prennent les décisions cruciales, en évitant toute transparence et toute obligation de rendre des comptes." [5]
Alors qu'en est-il en France ?
ARCOM
En France, nous avons l'autorité de régulation de l'audiovisuel et du numérique (ARCOM) qui veille au respect du cadre législatif spécifique aux médias audiovisuels et numériques. Elle régule le pluralisme des médias. L'autorité administrative indépendante contribue à une veille sur les évolutions de l'environnement médiatique. Elle est cependant critiquée sur plusieurs aspects :
- Un manque d'indépendance [6]
- Un manque d'efficacité : « L’Arcom est une machine lourde et à la ramasse face à l’agilité des chaînes d’information et d’opinion », confie l’un des anciens membres du collège de l’autorité indépendante. « Ils ne sont pas taillés pour faire le job », tance un autre membre qui est parti « dégoûté » de l’institution. « Ce sont des hauts fonctionnaires qui tiennent la baraque, ils ne connaissent rien au monde audiovisuel et aux journalistes, et la tendance s’est aggravée avec les années. Si les conventions passées avec les éditeurs du groupe Bolloré avaient été respectées à la fois dans les mots et dans l’esprit, on n’en serait pas là aujourd’hui », critique un troisième ancien membre du collège. [7]
- Ses rapports sont parfois dévoyés par d'autres médias comme le montrent les surligneurs : [8]
Mais malgré les critiques, l'ARCOM reste un régulateur est-ce suffisant ?
Concentration des médias
Non. Aujourd'hui les médias sont libres, mais appartiennent à une poignée de milliardaires qui possèdent les médias pour diffuser leurs idéaux, et pour promouvoir leurs intérêts, comme on peut le voir sur cette fresque.
Ces gens là n'ont absolument pas les mêmes intérêts que l'extrême majorité de la population. Ils ne sont absolument pas représentatifs de la France. Mais en tant que propriétaires de l'information, ils peuvent la détourner comme bon leur semble, nous faire croire que nous avons des intérêts en commun. Et on y croit. Et c'est normal, sans d'autres sources d'informations, nous ne pouvons qu’adhérer à leurs idées.
Pourtant les journalistes se plaignent depuis longtemps, comme avec les témoignages sur le nouvel Obs [9], où la grève historique de 40 jours des journalistes du Journal Du Dimanche [10], et bien d'autres.
Pour nous influencer, les informations données sont sélectionnées. Ils ne nous montrent que ce qu'ils veulent que l'on voie, mentent, utilisent des paniques morales, jouent sur les sentiments de peur, de colère, et au passage discréditent les autres sources d'information, de façon à rompre le dialogue entre les citoyens, nous renvoyant à la vieille maxime : Diviser pour mieux régner.
Algorithmes et Réseaux sociaux
Les algorithmes aussi présentent aujourd'hui un danger pour la démocratie. Comme expliqué sur la page Dangers algorithmiques, les humains font de plus en plus confiance aux algorithmes de recommandation, et ceux-ci prennent de plus en plus de place. Malgré leur aspect pratique et efficace pour nous recommander des contenus qui nous intéressent, nous ne devons pas perdre de vue que ces algorithmes renforcent la polarisation. Ils sont la propriété de milliardaires eux aussi, et leur rentabilité repose sur la publicité.
De plus, les réseaux sont facilement manipulables si l'on a assez d'argent, comme nous l'ont montré les affaires :
- Des fermes à trolls, utilisées pour discréditer des idées ou des personnes [11]
- Des nombreuses ingérences étrangères dans les processus démocratiques [12]
- Des élections législatives roumaines avec le candidat "Calin Georgescu" [13]
- Cambridge analytica : Des profilages psychologiques des utilisateurs ont permis d'envoyer des messages personnalisés " conçus pour provoquer des réactions émotionnelles fortes, souvent négatives, afin de polariser l’opinion publique et de détourner l’attention des débats rationnels. La diffusion de fakes news vient compléter ce dispositif en créant un climat de méfiance et de division. Des articles fallacieux et des rumeurs ont été largement partagés, renforçant les clivages existants et la bulle informationnelle dans laquelle chaque camp se trouve comme prisonnier. " [14]
Service publique
On pourrait donc se dire que le service public soit un bon bouclier contre tout ces risques. Malheureusement, ce dernier n'échappe pas aux problèmes de représentativité de la population Française dans le rang de ses décisionnaires. Ni de démocratie. Ce qui serait souhaitable si l'on veut que ce service servent les idées de tout les citoyens et citoyennes.
Mais surtout, depuis la fin de la redevance qui permettait un financement pérenne, et une certaine indépendance, [15] son budget est réduit chaque année, [16] fragilisant sa couverture médiatique. En supprimant cette redevance, c'est directement le pouvoir en place qui décide de son financement, qui peut désormais dire que ce service coute trop cher, et qu'il faut faire des économies.
Solutions
Quelles sont alors les solutions ?
Il existe aujourd'hui en France de nombreux médias indépendants de grandes fortunes tels que Mediapart, Disclose, HugoDécrypte, StreetPress, Mediacités, Blast, HistoiresCrépues, Les Jours, et beaucoup d'autres présents parfois en physique, sur leurs sites internets et souvent sur les réseaux.
Sans ces médias indépendants, qui reposent sur un financement participatif, avec des budgets très serrés, nous n'aurions pas eu connaissance de :
- L'Affaire Sarkozy-Kadhafi par médiapart
- Les affaires de corruptions dans les HLM
- Autres (Travail en cours)
Ces médias indépendants sont donc un contre-pouvoir très important face aux richesses et aux intérêts des milliardaires français et étrangers.
Pourtant, de nombreuses idées émergent au sein de notre population. La France à la chance de posséder de nombreuses personnes qualifiées dans la recherche, ou sur le terrain avec des initiatives populaires. [17] [18][19]
Afin que ces idées puissent trouver leur chemin, sans passer par la case lobbyisme, ni par la case corruption, il semble qu'organiser une convention citoyenne sur les médias et l'information pourrait nous aider faire émerger de nouvelles idées, citoyennes, partiales et soumises à la démocratie, pour que chaque personne puisse avoir un accès à une information la moins biaisée possible, et de qualité.